2 août 2009

Mémoires d'Hadrien, Marguerite Yourcenar [AMHA S1E17]


Quatrième de couverture. Cette œuvre, qui est à la fois roman, histoire, poésie, a été saluée par la critique française et mondiale comme un évènement littéraire. En imaginant les Mémoires d'un grand empereur romain, l'auteur a voulu "refaire du dedans ce que les archéologues du XIXème siècle ont fait du dehors". Jugeant sans complaisance sa vie d'homme et son œuvre politique, Hadrien n'ignore pas que Rome, malgré sa grandeur, finira un jour par périr, mais son réalisme romain et son humanisme hérité des Grecs lui font sentir l'importance de penser et de servir jusqu'au bout. "... Je me sentais responsable de la beauté du monde", dit ce héros dont les problèmes sont ceux de l'homme de tous les temps : les dangers de mortels qui du dedans et du dehors confrontent les civilisations, la quête d'un accord harmonieux entre le bonheur et la discipline auguste, entre l'intelligence et le volonté. Ce livre a été traduit en seize langues.

J'avais déjà lu ce livre au lycée. Il m'avait fort marqué par les thèmes abordés (vieillesse, approche de la mort, perte d'un être cher) et les pensées philosophiques d'Hadrien autour de ces thèmes. Le côté historique s'était par contre complètement échappé de ma mémoire. Pas bien grave, car 10 ans plus tard, cette seconde lecture me laisse les mêmes impressions : un ton nostalgique sur ce qui fût et n'est plus, un retour sur une vie bien remplie avec un regard plein de sagesse, le désespoir de perdre un être aimé qui se sacrifia par amour et celui de se voir lentement glisser dans la maladie. Les Mémoires d'Hadrien ne peuvent pas laisser de marbre. Le livre n'est pas facile d'abord mais vaut vraiment la peine d'être lu.


Petite âme, âme tendre et flottante, compagne de mon corps, qui fut ton hôte, tu vas descendre dans ces lieux pâles, durs et nus, où tu devras renoncer aux jeux d'autrefois. Un instant encore, regardons ensemble les rives familières, les objets que sans doute nous ne reverrons plus … Tâchons d'entrer dans la mort les yeux ouverts …


INFOS :

Publication : 1958
Éditions : Plon, Gallimard, folio
Pages : 364
 
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 CITRIQ

4 commentaires:

  1. Je me rappelle, j'étais tombée sur les Mémoires d'Hadrien à un bac blanc de français, cela m'avait fait détester, je ne sais pas pourquoi exactement. Je ne me rappelle pas avoir eu une si mauvaise note pourtant...
    Du coup, pourquoi pas le retenter ? Quitte à zapper ledit extrait :p
    Mais niveau classique, je vais me lancer corps et âme dans Guerre et Paix, donc je pense rester coincer un tit moment.

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  2. Si tu es capable de lire Guerre et Paix, les Mémoires d'Hadrien, ça devrait le faire ^^ Les classiques russes, une grande lacune pour moi. Que je voudrais combler à l'occasion. D'ailleurs, j'ai Lolita dans la pàl ^^

    Je serais ravie de savoir comment tu as trouvé Guerre et Paix.

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  3. En fait, je ne pense pas que ce soit question de capacité, mais d'objet... J'ai bien réfléchis à la suite de ce post, et je me suis dis que ce qui m'avait réellement gênée dans les Mémoires d'Hadrien, c'était la vision désabusée.

    Certainement trop désabusée.

    Cela est peut-être toutefois dû à ma jeunesse qui n'est pas encore capable d'accepter autant de désillusions sur la condition humaine. Pourtant, en tant que lectrice assidue du "classicisme réaliste", on trouve dans ce genre littéraire foisonnantes références à cette nécessaire condition humaine. Il est possible aussi que puisque les Mémoires d'Hadrien sont une œuvre mature de Yourcenar, je reste hermétique à ce style dense.

    Cependant, je n'ai absolument pas ressenti une telle impression pour Anna Karénine (et j'ai d'ailleurs peur des premières pages de Guerre et Paix pour cela).
    Quand j'ai lu les derniers mots de Anna, alors que c'est pourtant une œuvre de la deuxième moitié de la vie de Tolstoï, j'étais alors convaincu que Anna n'avait pas pu être écrit par un homme. J'ai vraiment eu le sentiment que ce que ressentait Anna était profondément féminin et que le genre de dilemmes qui ont traversés sa vie si rude n'aurait pas pu germer dans la tête d'un homme.
    Et pourtant... et pourtant. Un roman qui restera gravé. Au milieu d'autres bien sûr, mais celui-ci m'a vraiment bousculé. Et c'est si difficile d'écrire comment.

    Pour en revenir à Guerre et Paix donc, j'espère sincèrement pouvoir en redonner des nouvelles bien vite, si toutefois ce dernier parvient à se creuser une petite place entre trois bouquins de philo et quinze manuels de droits. C'est triste de s'apercevoir qu'il est en ce moment relégué à un roman de gare... ou de "métro" plus précisément.

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  4. Justement c'est ça qui m'a attiré dans ce livre. La mort et la vieillesse me font très peur et du coup les livres sur le sujet m'attirent et me passionnent. C'est superbement écrit en plus.

    En tout cas tu me donnes bien envie de découvrir Tolstoï.

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