21 sept. 2009

Etoiles, garde à vous !, Robert A. Heinlein |AMHA S1E27|



Juan Rico, personnage principal de Etoiles, garde à vous !, nous conte son parcours de soldat, de la formation aux batailles sur d'autres planètes. La Terre est dirigée par les militaires, seuls prétendants au droit de vote qui mène une guerre sans merci contre les "punaises", sorte d'arachnides intelligents.


L'histoire commence en pleine action : l'unité de Rico doit débarquer sur une planète contrôlée par les Arachnides afin de l'en débarrasser. A partir du second chapitre, un flashback qui se poursuivra pendant une grande partie de livre nous racontera comment Juan en est arrivé là. Il nous raconte sa formation -très dure physiquement et psychologiquement- ses débuts dans l'armée, la guerre contre les Arachnides, sa montée en grade.

Le lecteur se trouvera confronté à des idées militaristes, une apologie de la violence et verra peu à peu Juan Rico coller au discours tenu par l'armée pour finir complètement embrigadé. En effet, son désir de "faire son temps" afin d'obtenir le droit de vote se transforme en un désir de faire carrière et de monter en grade. Il subit en quelque sorte un lavage de cerveau volontaire, facilité par un manque de réflexion au départ (due à une éducation déjà orientée et conditionnée).

Ce livre et son auteur ont été très critiqués voire rejetés, accusés de pro-militarisme et de fascisme. Personnellement, je vois ce livre comme une démonstration par l'absurde et un indispensable de part la réflexion que l'on en dégage. Je me passerai de juger l'auteur, j'ai lu ce livre sans a priori aucun, sauf que je m'étais bien amusée en voyant le film, il y a de nombreuses années. L'important n'est pas tant de savoir si l'auteur est finalement pro-militariste ou non mais bien de mettre son esprit critique à l'épreuve. Le politiquement correct n'a jamais fait réfléchir personne. On ne brûle pas Dune et Franck Herbert pour cause de fanatisme religieux, ni Robert Merle pour avoir écrit un livre qui retrace le point de vue du commandant d'Auschwitz. Il n'y a pas plus de raison de brûler celui-ci, qui :
- d'une part être remis dans le contexte de l'époque. Rappelons-nous qu'il a été écrit en 1959, en pleine guerre froide.
- et d'autre part être lu avec autant de RÉFLEXION (tiens, on réfléchit encore de nos jours ?) que les pré-cités.

Outre ce qui précède, Etoiles garde à vous ! est un livre bien écrit, qui se laisse lire et non dénué d'une forme d'humour noir qui colle bien à la thématique.

Le petit mot provocateur de la fin : ceux qui s'abrutissent devant la Star Academy et autres Secret Story (et qui trouvent ça vraiment géniaaal !) ne sont pas tellement différents d'un Juan Rico, sauf qu'on peut remplacer le fusil laser par la télécommande. Gardez votre esprit critique, bon sang, ou apprenez à en avoir, il n'y a pas plus important aujourd'hui.



EXTRAITS

1- [...]notre commandant de compagnie [...] avait été éjecté en tête et le contact radio avec le commandant de bord avait été interrompu aussitôt. Mais ce n'est qu'une supposition. Je veux dire qu'il ne m'a jamais donné la réponse puisqu'il n'est pas revenu.

2- Nous nous sommes arrêtés dans une cantina. J'ai essayé leur jus d'ananas. Ce n'en était pas mais c'était frais. On ne peut pas tout avoir.

3- Je vais vous faire part de l'évidence absolue : dans notre système, chaque votant, chaque fonctionnaire est un citoyen qui a prouvé, en se portant volontaire pour le Service, qu'il plaçait la sauvegarde du groupe au-dessus de la défense de ses intérêts personnels.

4- Dans un vaisseau mixte, le dernier son qu'un soldat entend avant de toucher le sol (et souvent avant de mourir) est une voix de femme, qui lui souhaite bonne chance. Si vous estimez que ça n'est pas important, c'est probablement parce que vous avez démissionné de la race humaine.



Informations éditoriales

Publié pour la première fois en 1959Titre américain: Starship Troopers
Traduit par Michel Demuth
A remporté le Prix Hugo 1960, meilleur roman ; le Prix Nebula 1974, Grand maître
317 pages



Ailleurs

Naufragés Volontaires,

CITRIQ


9 commentaires:

  1. heps, je viens de tomber sur ta critique du livre. Je viens de le terminer et j'en ai fais un article sur mon blog. Une première lecture m'avait d'abord arrêter. Mais une soudaine envie de Space Opera m'a relancé dedans et je l'ai terminé. Du bon, du moins bon, mais cela pousse à la réflexion, et finalement je pense que c'était le voeux de Heinlein : réfléchir.

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  2. Je m'en vais découvrir ta critique alors, toujours curieuse de voir ce que pensent les autres de ce livre très controversé.

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  3. La chronique de Julien que je viens de lire, me ramène vers la tienne, que visiblement j'avais ratée à sa publication. J'ai la même lecture que toi concernant cette oeuvre et la satire assumée qu'elle met en exergue.

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  4. On ne se connaissait pas encore à ce moment-là je pense :p

    J'avais pas vu le lien vers ma chro sur le blog de Julien m'en vais de ce pas le remercier.

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  5. Ouch, tu es acide (et tu as raison remarque). En effet, ce livre fait vraiment réfléchir à plein de trucs, qu'on soit d'accord ou pas avec ce qu'il dit.

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  6. Oui je suis un poil acide en effet mais avant d'écrire cette chronique j'étais tombée sur un forum où les participants parlaient d'Heinlein comme d'un fasco fini et qu'il fallait pas lire ses livres etc etc, dire que ça m'avait un peu énervée serait une euphémisme :D

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  7. J'aurais pas parié là-dessus, mais ce livre a été une bonne surprise pour l'anti-militariste que je suis...comme quoi :)

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  8. Ce qui m'éclate, c'est qu'alors qu'en Europe on traitait Heinlein de fasciste, il était considéré comme un dangereux communiste aux USA xD

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