22 oct. 2009

Terre et Fondation, Isaac Asimov [AMHA S1E32]

INFOS :

Le Cycle de Fondation 1. Fondation 2. Fondation et Empire 3. Seconde Fondation 4. Fondation Foudroyée 5. Terre et Fondation
Titre original : Fondation and Earth
Traduction : Jean Bonnefoy
Première publication : 1986
Pages :674

MON AVIS :

Terre et Fondation s'ouvre sur un avant-propos de l'auteur dans lequel il nous conte la genèse de la trilogie initiale et comment il en est venu à écrire deux suites (un peu contraint et forcé mais pour notre plus grand plaisir).


Rappelons-nous qu'à la fin de Fondation Foudroyée, Trevize dut choisir seul l'avenir de la galaxie. Entre la première Fondation, la Seconde et Gaïa, il choisit cette troisième option, qui consiste en la création d'une conscience collective au niveau galactique. On retrouve Trevize en proie à de gros doutes quant à sa décision (et franchement on le comprend, cette histoire de conscience collective fait froid dans le dos). Il décide donc de repartir à la recherche de la Terre car il est intimement persuadé que le mystère et le secret qui tourne autour d'elle l'aidera à déterminer s'il a pris la bonne décision.

Asimov approfondit dans ce volume la notion de conscience collective, esquissée dans Fondation Foudroyée, en la poussant dans ces derniers retranchements à l'aide de nombreux dialogues tendus entre Joie et Trevize. Malgré quelques longueurs dont on se serait passé (sérieusement, qu'est-ce qu'on s'en fiche que la ministre des transports de Comporellon se mette du déodorant après avoir fait l'amour ?), Terre et Fondation nous emmène dans un voyage galactique des plus intéressants : sorte de parcours initiatique qui mènera Trevize de planète en planète, à la découverte d'autres cultures, d'autres systèmes d'organisation. L'auteur en profitera aussi pour lier au Cycle de Fondation l'autre grand oeuvre de sa vie : les robots. Eh oui, à peine mentionnés dans Fondation Foudroyée, on les voit prendre ici une place plus importante.

Par contre, je ne sais pas vous, mais moi je ne suis absolument pas conquise par le choix final de Trevize (nan mais savapalatete ?) concernant l'avenir de la galaxie.

Ah oui, une petite info en passant. Folio a réédité récemment toute la série augmentée de plusieurs dizaines de pages, qui semblent-ils avaient sauté à la traduction. C'est bon à savoir si vous désirez vous procurez le cycle prochainement.


EXTRAITS :

• Golan, vous faites exprès de ne pas comprendre. Je veux dire seulement : de ce bref instant d'union. Vous ne savez pas ce que vous ratez. C'est indescriptible. Joie dit que c'est comme le sentiment de bonheur qu'on éprouve quand on peut enfin boire une gorgée d'eau après avoir failli mourir de soif. Je ne pourrais même commencer à vous raconter à quoi ça ressemble. Vous partagez tous les plaisirs qu'un milliard de personnes éprouvent séparément. Ce n'est pas une joie constante ; sinon, vous auriez tôt fait de ne plus la ressentir. Cela vibre, scintille, est doté d'un étrange rythme pulsant qui ne vous lâche pas. C'est un bonheur plus grand - non pas plus grand, mais plus intense - que tout ce que vous pourrez jamais prouver isolément. J'en aurais pleuré lorsqu'elle m'en a refermé la porte .

• Trevize attendit avant de répondre, avec un effort manifeste pour garder sa contenance. Lorsqu'il reprit la parole, ce fut sur un ton poli, presque officiel : "Je vous suis reconnaissance de l'information. Malgré tout, vous devez bien comprendre que, pour employer une analogie, la perspective d'une amélioration de mon odorat serait un motif insuffisant pour me décider à abandonner mon humanité pour devenir un limier.

• -Franchement, dit Trevize, c'est quand même gênant de ne pas savoir quel pronom utiliser pour cette créature. Cela entrave la pensée et la conversation de toujours devoir buter sur le pronom.
- Mais c'est la faute de notre langue, observa Joie, pas de celle de Fallom. Aucune langue humaine n'a été conçue en songeant à l'hermaphrodisme. Et je suis contente que vous évoquiez le problème parce que j'y ai moi-même réfléchi ... Pourquoi ne pas tout simplement choisir un pronom de manière arbitraire ? Je pense à Fallom comme à une fille. Elle en a la voix aigüe, déjà, et possède en outre la capacité d'engendrer des enfants, ce qui reste la définition cardinale de la féminité. Pelorat est d'accord là-dessus ; pourquoi ne feriez-vous pas de même en acceptant que Fallom devienne "elle" ?
Trevize haussa les épaules.
"Très bien. Ca fera quand même drôle de remarquer qu'elle a des testicules, mais enfin ..."

AILLEURS
CITRIQ

8 commentaires:

  1. Hum, je ne sais pas si c'est une hypothèse tellement horrible cette histoire de Gaia. Au fond Joie a l'air très heureuse :)

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  2. Les sociétés basées sur la pensée collective sont très effrayantes,je trouve, forcément cela se fait au détriment de l'identité individuelle.

    Les bisounours ont l'air heureux aussi ce n'est pas pour autant que je voudrais vivre comme eux :D

    Je ne me souviens malheureusement pas assez du livre pour argumenter davantage.

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  3. Trop fort, c'est ma lecture du moment ! :) Je reviendrai te dire ce que je pense du choix final de Trev. Par contre Gaïa ne me fait pas froid dans le dos, je la vois comme une forme de vie nouvelle, ni en bien ni en mal (enfin pour l'instant).
    Ton dernier billet proposait celui-ci comme lecture supplémentaire.)

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    1. Oui d'ailleurs, tu pourras même me le rappeler, car je ne me souviens plus bien et cela me perturbe grandement depuis l'intervention de Nathalie ci dessus. J'aurais du spoiler en fin de chronique, ne fut-ce que pour ma pauvre mémoire.

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  4. Bon, bein, je suis relativement perplexe. Je ne suis pas sure d'avoir tout saisi et j'ai trouvé la fin un peu rapide. Le choix de Trevize consiste à confirmer son choix en faveur de Galaxia et à laisser "la petite fille" Falom avec le robot pour qu'il lie son cerveau au sien. Donc, en fait, ils se sont fait manipuler depuis le début : tout était géré par le robot qui voulait se faire "livrer" un enfant solarien. Avec ce cerveau, le robot pourra vivre suffisamment longtemps pour gérer la naissance de Galaxia, que Trev considère comme le seul moyen de faire face à d'éventuels envahisseurs extra-galactiques. J'ai pas trop compris cette peur soudaine d'une invasion, mais ça fait peut-être référence à des éléments d'autres livres d'Asimov que je n'ai pas lus...
    Globalement, c'était très bien, mais j'ai quand même trouvé ça moins percutant que les quatre autres, et ces dernières pages m'ont plutôt prise au dépourvu.

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    1. Merci pour le rafraîchissement de mémoire. Bon ça ne m'avance pas plus en fait, je ne me souviens plus des circonstances et tout. Ca m'ennuie, c'est pour éviter ce genre de choses justement que j'avais ouvert mon blog à la base. Bon on va dire que si je ne m'en souviens plus c'est que ça ne m'avait pas tant marqué que ça.

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  5. J'ai été franchement déçu par la fin de ce livre.
    Deux raison à cela: je n'ai pas compris la peur soudaine de Trevize pour une menace extra-galactique, et je ne comprend pas pourquoi l'auteur a voulu détruire le plan Seldon au profit de Galaxia: après avoir suivi les périples des fondateurs sur trois livres, faire une suite qui voit le plan échoué me semble franchement décevant.
    Sinon, voir les différentes civilisations galactiques était effectivement très sympathique et constitue bel et bien l'intérêt de ce dernier tome.

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    1. Peut-être qu'il voulait être sûr que son éditeur lui fiche la paix avec Fondation ? :D Je crois me souvenir qu'il a écrit les deux derniers à la demande express de son éditeur parce que les 3 premiers ont eu du succès.
      Je m'en souviens à peine j'ai limite envie de le relire.

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