12 avr. 2010

Crimes en série, James Ellroy [AMHA S2E17]

INFOS
Publié pour la première fois en 1998
1998 pour la présente traduction aux Éditions Payot & Rivages
Traduit de l'américain par Jean-Paul Gratias
Titre original : Crime Wave
254 pages









Crimes en série est un recueil de 6 textes initialement parus dans le magazine américain G.Q.. Ce ne sont pas vraiment des nouvelles, plutôt des textes personnels ou basés sur l'actualité. Assez difficile à cerner en fait. D'ailleurs, le gros reproche que j'aurais à faire par rapport à l'édition de ces textes, c'est leur absence de mise en contexte. Une petite introduction ou une préface aurait été diablement la bienvenue pour nous expliquer leur genèse.

L'assassin de ma mère. Où Ellroy nous parlera de l'assassinat de sa mère et comment cela l'a mené à l'écriture, en particulier à l'écriture du Dahlia Noir et de Clandestin (que j'ai dans ma pàl, cela tombe bien). L'auteur se sert de l'écriture comme exorcisme de cette sordide affaire qu'il traine depuis l'âge de 10 ans et il en est pleinement conscient : "Ses arguments étaient simples : c'est ma mort qui t'a donné une voix, et j'ai besoin de toi pour que tu me reconnaisses au-delà de l'exploitation que tu en as faite". Ce court texte est vraiment poignant, à mon sens le meilleur du recueil avec le dernier, Des cadavres dans le décor.

Une dent contre le crime. Où sera raconté la vie quotidienne d'un service de police criminelle et des histoires de meurtres ne trouvant pas de résolution. C'est très décousu, peut être comme la vie de ces flics dont Ellroy parle mais ça prend aux tripes : "Ce n'est pas Disneyland quand on te tire de ton lit à 3 heures du matin. Mais quand tu arrives sur les lieux du meurtre, c'est comme si tu entrais à Disneyland et que tu voyais au loin la descente en bobsleigh du Matterhorn. Ce n'est pas Disneyland quand tu vois des horreurs, mais c'est Disneyland au tribunal quand le premier juré annonce : 'coupable', et que tu fonds en larmes comme la famille de la victime."

La séduction d'O.J. Simpson. Où Ellroy décortique l'affaire O.J. Simpson, célèbre footballeur américain, qui fut accusé du meurtre de sa femme et de son amant, assassinés en 1994. Ellroy revient sur la polémique liés aux tensions raciales très prégnantes à Los Angeles, pour des raisons historiques. Texte très intéressant d'un point de vue sociologique.

Les mauvais garçons d'Hollywood. Où Ellroy parle de Curtis Hanson, le réalisateur de L.A.Confidential. Il raconte comment Curtis s'est intéressé au cinéma et comment Ellroy l'a rencontré sur le tournage du film. Pas trouvé le texte hyper passionnant mais on y apprend quelques détails sordides de la vie d'Ellroy avant qu'il devienne écrivain (loin d'être un enfant de cœur, c'est le moins que l'on puisse dire).

Complot à Hollywood. Nouvelle dont le héros est Dick Contino, accordéoniste ayant réellement existé et auquel Ellroy a déjà consacré un court roman Dick Contino's Blues. Si ce roman est basé sur des faits réels, la nouvelle quant à elle est totalement imaginaire. Texte qui ne m'a pas accroché plus que ça.

Des cadavres dans le décor. La boucle est bouclée avec ce texte fort où Ellroy relate son accès au dossier de sa mère. En parallèle, il raconte l'histoire du meurtre d'une mère de famille qui se passe dans la même ville où la sienne a été assassinée. Il participera à l'enquête. Les textes où Ellroy parle de l'histoire de sa mère sont vraiment très émouvants et très prenants, ce qui me donne envie de m'attaquer à Ma part d'ombres, livre qu'il a consacré entièrement au sujet.

POUR ALLER PLUS LOIN

Un petit reportage tout à fait intéressant sur Ellroy :





AILLEURS

CITRIQ

2 commentaires:

  1. Le révérend Ellroy ;o)) Il a fait fort sur ce coup là. Personnage truculent, auteur de génie, plume torturée et crue. Voilà l'un des plus grands de la littérature Américaine contemporaine.

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  2. Bien d'accord avec toi. L'extrait m'a bien fait marrer.

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