20 sept. 2010

#MusicMonday - Jabberwocky, Omia

Cela fait deux jours que je passe cette chanson en boucle, alors j'ai décidé de vous la partager. Il s'agit de Jabberwocky, qui fait partie du tout dernier album d'Omnia, Wolf Love. De loin la meilleure de tout l'album d'ailleurs.

Écoutez bien les paroles :


Quand on connait quelques mots d'anglais, on se rend rapidement compte que l'anglais utilisé est un peu bizarre. De là, je suis partie faire quelques recherches avec mon ami Google car cela avait de quoi intriguer.

Et c'est là que je tombe sur un poème de Lewis Caroll du même nom, exactement les paroles de cette chanson. Il s'avère que le poème apparait dans De l'autre côté du miroir, que je n'ai pas (encore)  lu et j'ai honte, très honte.

Le voici en anglais : 

'Twas drillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe:
All mimsy were the borogoves,
And the mome raths outgrade.

'Beware the Jabberwock, my son!
The jaws that bite, the claws that catch!
Beware the Jubjub bird, and shun
The frumious Bandersnatch!'

He took his vorpal sword in hand:
Long time the manxome foe he sought ...
So rested he by the Tumtum tree,
And stood awhile in thought.

And, as in uffish thought he stood,
The Jabberwock, with eyes of flame,
Came whiffling through the tulgey wood,
And burbled as it came!

One, two! One, two! And through and through
The vorpal blade went snicker-snack!
He left it dead, and with its head,
He went galumphing back.

'And, has thou slain the Jabberwock?
Come to my arms, my beamish boy!
O fradjous day! Callooh! Callay!'
He cortled in his joy.

'Twas drillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe:
All mimsy were the borogoves,
And the mome raths outgrade. 


Le poème est bourré de mots-valise et malgré tout le texte reste compréhensible. C'est presque magique. D'autant que la consonance des mots inventés est très agréable à l'oreille, correspond bien à l'histoire et donne une intensité particulière au poème. Omnia lui rend un hommage magnifique en y rajoutant la musique. Le tout s'intègre si bien que je n'aurais jamais cru qu'ils n'avaient pas écrit le texte eux-mêmes.

Il y a eu de nombreux essais de traduction en français de ce texte, on imagine aisément toute la difficulté de la chose. En voici une, de Franck L. Warrin :


Il brilgue: les tôves lubricilleux
Se gyrent en vrillant dans le guave.
Enmîmés sont les gougebosqueux
Et le mômerade horsgrave.

«Garde-toi du Jaseroque, mon fils!
La gueule qui mord; la griffe qui prend!
Garde-toi de l'oiseau Jube, évite
Le frumieux Band-à-prend!»

Son glaive vorpal en main il va-
T-à la recherche du fauve manscant;
Puis arrivé à l'arbre Té-Té,
Il y reste, réfléchissant.

Pendant qu'il pense, tout uffusé,
Le Jaseroque, à l'oeil flambant,
Vient siblant par le bois tullegeais,
Et burbule en venant.

Un deux, un deux, par le milieu,
Le glaive vorpal fait pat-à-pan!
La bête défaite, avec sa tête,
Il rentre gallomphant.

«As-tu tué le Jaseroque?
Viens à mon coeur, fils rayonnais!
Ô Jour frabbejeais! Calleau! Callai!»
Il cortule dans sa joie.

Il brilgue: les tôves lubricilleux
Se gyrent en vrillant dans le guave.
Enmîmés sont les gougebosqueux
Et le mômerade horsgrave.



On peut en trouver d'autres ici.

Le plus drôle là dedans, c'est qu'hier je regardais Brazil de Terry Gilliam et que donc je suis allée faire quelques recherches sur le net. Par hasard, je suis tombée sur un film de Gilliam qui s'appelle ... Jabberwocky et qui raconte ce qui se passe dans le poème. Là dessus je me suis dit que cela faisait trop de coïncidences et qu'il fallait que je vous parle de mon obsession pour le Jabberwock, créature hideuse et pas très sympathique, comme vous pourrez le constater dans le trailer du film :


5 commentaires:

  1. J'avoue une petite préférence pour la traduction de Henri Parisot. Je suppose que c'est la plus connue et donc celle qui m'a le plus marqué. Enfin c'est celle que je connais le mieux du moins.

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  2. J'aime beaucoup ce poème et c'est vrai que l'adaptation musicale du poème par Omnia rend très bien. J'aime aussi celle du passage des sorcière de Macbeth pour la chanson Wytches' Brew du même groupe mais dans un album moins récent.

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  3. Comme Arutha, je préfère la traduction de Parisot moi aussi :)
    Très sympa ce #musicmonday :)

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  4. Gah! Gah! Gah!! Tu me donnes plein de trucs à chercher, là: ce dernier album d'Omnia (un des seuls qui me manque), ce film Jabberwocky de Guilliam dont je n'avais jamais entendu parler, et Brazil que j'ai déjà l'intention de voir depuis belle lurette et que tu me redonne envie, d'un coup ^^

    Quant au poème je crois que c'est aussi la traduction de Parisot que je préfère, celle d' "il était reveneure"... (je retiens jamais les noms des traducteurs, vu que mes préférences varient selon les mots traduits dans Lewis Carroll en général.)

    Mais il est sorti quand ce Jabberwocky de Guilliam?

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  5. @arutha : j'en ai pris une un peu au hasard sur la age où ils proposaient les différentes trad.

    @Eirilys : tiens j'avais jamais fait attentionque cette chanson faisait référence aux sorcières de macbeth. Je vais la réécouter.

    @Acro : merci !

    @Tortoise : héhéhé :p Le Jabberwocky de Gilliam date de 1977. Possiblement il a pas mal vieilli mais le trailer est alléchant (enfin ... façon de parler). Je vais le chercher aussi.

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