7 févr. 2011

Harry Potter à l'école des sorciers, JK Rowling [AMHA S3E5]

INFOS
Publié pour la première fois en 1997.
1998 pour la traduction française, chez Gallimard Jeunesse.
Traduit de l'anglais par Jean-François Ménard.
Titre original : Harry Potter and the Philosopher's Stone.
312 pages.








Note avant de commencer. Attendu que la moitié des personnes passant par ici ont certainement déjà lu ce livre et que l'autre moitié ne le lira jamais, je ne me soucie pas de spoiler le livre dans ce billet.

Harry Potter, orphelin de son état, vit chez les Dursley, sa tante et son oncle. Le moins qu'on puisse dire est que les Dursley ne portent pas Harry dans leur cœur. Préposé aux tâches ménagères, il est logé dans un placard sous un escalier et est condamné à regarder le rejeton boursouflé de son oncle et sa tante recevoir 37 cadeaux pour son anniversaire. Mais, Harry n'est pas un enfant comme les autres : il est un sorcier et il ira donc à Pouddlard, l'école des sorciers, n'en déplaisent au Dursley. Il découvrira là un univers parallèle plein de baguettes magiques, de dragons, de crapauds égarés et ... bien sûr un méchant tellement méchant que personne n'ose prononcer son nom (comme un certain auteur sur un certain forum de SF).


J'ai déjà lu toute la série Harry Potter, plutôt 2 fois qu'une (sauf le dernier qui m'amène à cette ultime relecture). Pas facile de porter un regard neuf, de mettre de côté la suite du cycle ou d'oublier la machine infernale qu'est devenu le label "Harry Potter". D'aucuns rejètent le tout en bloc freinant des quatre pieds devant le produit marketing, le manichéisme, la morale bien pensante et certaines facilités d'intrigue. Il est vrai qu'il est tout de même difficile d'accepter qu'un gamin de 11 ans puisse tenir tête à la version magique d'Hitler (sans la moustache)  ... Suspension d'incrédulité quand tu nous tiens ... Ou encore que l'on considère comme normal qu'à l'école des sorciers, il n'est nul besoin d'apprendre les mathématiques, la littérature, la grammaire et enfer et damnation ... la physique. Ceci explique sans doute partiellement le succès de la série auprès du public visé :D

Je suis bien consciente de ces critiques et suis totalement d'accord avec elles, en fait.  Rajoutons-en une couche, Harry Potter est insupportable. J'aurais eu horreur de ce gars si je l'avais eu dans ma classe. N'empêche que je me demande si le binoclard le plus célèbre du monde n'a pas changé la vision de la lecture d'un certain nombre de gamins. En tout cas, il me semble que cela a généré une certaine explosion et une certaine médiatisation de la littérature jeunesse, principalement celle destinée aux ados. Pour le meilleur et pour le pire.

Est-ce que j'aime Harry Potter ? Il fût un temps, j'étais dans le genre fan girl : j'ai acheté et lu les 3 derniers en anglais pour ne pas avoir à attendre leur sortie en français. Je les ai lu plusieurs fois. J'attendais les films avec impatience (jusqu'au 4, après ça m'a passé). Bon pourtant, j'avoue j'étais en première année à l'université quand j'ai découvert la série. A l'époque, ça sortait vraiment de l'ordinaire et le fait qu'un bouquin parlant de magie, de magiciens, de lutte contre le mal se trouve en tête de gondole, ça avait de quoi attirer l'œil. Le Seigneur des Anneaux de Peter Jackson n'était pas encore sorti, la bit-lit n'existait pas, au début du siècle quoi. Du coup j'appréhendais un petit peu comment j'allais percevoir ma relecture.

Force est de constater que j'en ai une vision bien moins naïve qu'à l'époque.Certaines choses me paraissent à présent grosses comme une maison. Le coup de l'orphelin miséreux voué à un destin extraordinaire en premier plan. Sérieusement, ce doit être le cliché de la littérature de fantasy le plus connu qui soit. Le côté caricatural des différentes maisons de Pouddlard en est un autre aspect, que l'on pourra sentir dans la chanson du choixpeau magique et aussi tout le mépris que se portent les Gryffondor et les Serpentard, chacun pensant être meilleur que l'autre et les deux autres laissées un peu de côté. Ou alors, la mise en avant d'une certaine société de consommation lors de, par exemple, l'arrivée de Harry Potter au chemin de traverse, quasi plus fourni que les Halles de Paris. J'aurai d'autres choses à en dire dans mes billets sur les autres volumes.

Bon j'arrive au moment où j'explique pourquoi j'aime quand même bien ce bouquin, même si j'ai de loin dépassé le stade fangirl (entre temps, j'ai lu Le Seigneur des Anneaux et Le Trône de Fer). Outre le fait qu'une certaine nostalgie m'étreint quand je le relis, les nuits blanches de lecture en anglais lors de la sortie du cinquième tome, voir en film ce que j'avais lu en livre, etc etc, je trouve quand même quelques qualités indéniables à ce livre.

D'abord, il y a la découverte d'un univers qui se dévoile petit à petit, qui s'étoffe au fil des tomes (bon je sors du tome 1 encore, pardon). On se laisse emporter dans ce monde parallèle qui est à la fois proche et différent du nôtre. De quoi faire rêver ... Les mages prennent le train mais c'est un train à vapeur avec une belle locomotive rouge, ils communiquent par hiboux, achètent des baguettes magiques au magasin, jouent à une sorte de baskett-ball sur balai volant.

Le tout est souvent assaisonné d'humour, comme le quai 9 3/4, les pastilles de Bertie Crochue, la visite de Hagrid aux Dursley (oh tiens un autre cliché : être gros c'est être bête, méchant et enfant gâté pourri. Bon cela dit, Drago Malefoy n'est pas gros, pourtant il correspond à la description aussi. Il est blond, est-ce que ça compte ?), le serpent du zoo, les facéties de Fred et Georges, ...

Ensuite, il y a du suspens et de l'action : qu'est-ce que Dumbledore a caché à Pouddlard, (à ce sujet, le titre anglophone est un gros spoil à lui tout seul) qui le cherche et pourquoi, comment arriver à contrecarrer ses plans ? Avec l'introduction de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom (non pas celui du forum de SF bien connu, l'autre) à la fin du premier tome, ce qui va bien évidemment donner envie de se plonger dans la suite.

Bref, tout ceci parle facilement à l'imaginaire des plus jeunes et des moins jeunes. Facilement, oui, Harry Potter est un livre facile de lecture et  facile d'abord. Du bon divertissement, avec de l'humour et des aventures, de quoi faire découvrir la lecture à votre neveu qui a décrété qu'il n'aimait pas lire.

Un petit mot pour Neville, le véritable héros de la série Harry Potter : Neville Londubat, le béta sympathique qui perd son crapaud, se fait voler son rappel-tout et vit avec une grand-mère autoritaire mais qui armé de son courage, tentera d'arrêter l'équipée infernale du trio Harry, Ron, Hermione histoire d'éviter de faire perdre plus de points à la maison Gryffondor. Il échouera bien sûr mais par ironie du sort, c'est quand même grâce à lui que les Gryffondor gagneront la coupe des 4 maisons après une suprématie de plusieurs années des horribles Serpentard.

EXTRAITS 

• Chez Gringotts, la banque des Gobelins :
Entre ici étranger si tel est ton désir
Mais à l'appât du gain, renonce à obéir,
Car celui qui veut prendre et ne veut pas gagner,
De sa cupidité, le prix devra payer.
Si tu veux t'emparer, en ce lieu souterrain,
D'un trésor convoité qui jamais ne fut tien.

• Extrait de la chanson du choixpeau magique :
[...] Si vous allez à Gryffondor
Vous rejoindrez les courageux,
Les plus hardis, les plus forts
Sont rassemblés en ce haut-lieu.
Si à Pousouffle vous allez,
Comme eux vous s'rez juste et loyal
Ceux de Pousouffle aiment travailler
Et leur patience est proverbiale.
Si vous êtes sages et réfléchi
Serdaigle vous accueillera peut-être
Là-bas, ce sont des érudits
Qui ont envie de tout connaître.
Vous finirez à Serpentard
Si vous êtes plutôt malin,
Car ceux-là sont de vrai roublards
Qui parviennent toujours à leurs fins.
[...]

POUR ALLER PLUS LOIN

• Harry Potter vu par un Odieux Connard. Enjoy !

AILLEURS

CITRIQ

Livre lu dans le cadre du Challenge (Re) reading Harry Potter

7 commentaires:

  1. Nuit blanche passée sur les livres en anglais, voilà un truc qui me dit quelque chose... J'ai surtout fait ça pour le septième tome.
    Quand j'ai découvert ça, de mon côté, c'était l'un des premiers romans jeunesse que je lisais à l'âge adulte (parce que j'ai commencé Harry Potter à vingt-deux ans).

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  2. Je l'ai relu aussi dans le cadre du même challenge ... Faudra d'ailleurs que je pense à relire les autres XD

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  3. Lu ce tome 1 de retour d'Irlande après une nuit blanche à nocer et à veiller dans l'aéroport en attendant mon vol. Paradoxalement un souvenir destroy est associé à HP1.

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  4. Oh moi même un peu plus adulte, je me laisse encore emportée par ce premier tome. Il est un peu naïf, mais il a un charme fou !

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  5. Je t'aime bien quand même Tigger ;-)

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  6. Oh, amusant, on a un peu un parcours similaire quant à ces livres! J'ai découvert aussi la série ma première année d'unif, j'ai été très vite accro et j'ai acheté les trois derniers en anglais aussi. Puis la relecture dans le cadre du défi m'a apporté un regard plus critique, plus distant envers cette série que j'aime encore, mais plus avec autant de passion qu'avant.

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  7. Tiens, ça me dit quelque chose XD Sérieux c'est exactement ça pour moi aussi.

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