20 août 2011

Melancholia, Lars von Trier [AMHA S3E43]


Je vais encore parler fin du monde avec le dernier film de Lars von Trier, Melancholia. Ceux qui me connaissent un peu et ceux qui passent ici régulièrement savent que la thématique m'attire particulièrement. Nouvellement affublée de ma carte UGC, je ne pouvais bien sûr pas le manquer.

Melancholia est une planète gigantesque qui va passer "en transit" près de la Terre. Seulement on sait dès les premiers instants du film que le transit va se transformer en apocalypse. C'est inéluctable et éprouvant.

Le film est divisé en deux parties. Chacune s'attache au pas d'une femme. Justine pour la première, magnifique mariée souriante qui sombre petit à petit dans une mélancolie profonde et inexplicable. Claire pour la seconde, plus saine d'esprit mais aussi complètement angoisée par l'approche de Melancholia.




La première partie montre, dans toute sa splendeur et son horreur, la décadence des relations familiales lors d'un mariage. Je l'ai vu il y a fort longtemps, mais cela m'a fait penser au film Festen de Vinterberg. C'est à la fois si banal et si dérangeant. Toutes les familles ont une part d'ombres et se retrouver devant ce genre de spectacle met vraiment mal à l'aise.

La seconde s'oriente vers la planète en approche et les réactions des personnages, en huis clos dans le château du mari de Claire. On retrouve Claire et Justine. Ainsi que le fils et le mari de Claire. Entre fascination, angoisse et douce indifférence, Mélancholia est au centre des préoccupations.




Dans Melancholia, les relations des gens avec eux-mêmes ou avec les autres prend le pas sur le spectaculaire habituel de la thématique apocalyptique. Ce film ne rentre pas du tout dans le cadre d'un film de SF conventionnel. Il m'a fait penser, dans cette façon de traiter le sujet, à La Route de Cormac McCarthy.

Au final c'est bien plus effrayant qu'un enième scénario catastrophe. Le film a vraiment le pouvoir de nous faire ressentir ce que ressentent les protagonistes. Que ferions-nous, confrontés à une telle situation ? C'est limite tétanisant. Quand on sort de la salle, on se demande si le monde aura continué de tourner, là, dehors. Et c'est rassurant de se retrouver dans l'agitation de la foule qui se croise, des bruits du RER.




La photographie du film est absolument magnifique. Tellement, qu'on lui pardonne volontiers d'être un peu long (bon d'accord, je trouve tous les films trop longs). Lars von Trier n'a pas grand chose à envier à Kubrick de ce point de vue. La musique est également très belle (Wagner, me souffle-t-on à l'oreille).

A noter que le film est tourné caméra à l'épaule. Personnellement ça ne m'a pas dérangée, je ne m'en suis rendue compte qu'en cours de film.

Melancholia est un film que soit on adore, soit on déteste. Je ne pense pas qu'il puisse y avoir de demi-mesure. Dans la salle où j'ai vu le film, il y a des gens qui sont partis en pleine séance, plusieurs, et pas tous du même groupe. Mais il y a aussi des gens qui ont applaudi à la fin.


POUR ALLER PLUS LOIN


Film français, danois, suédois, allemand (!).
Année de production : 2011.
Durée : 2h10.
Prix d'interprétation féminine à Cannes en 2011 pour Kirsten Dunst (Justine).

TRAILER




15 commentaires:

  1. Et dire qu'il n'est resté à l'affiche qu'une seule semaine dans mon cinéma habituel... Ah ces muliplexes, sacrifiant les films "différents" sur l'autel de la rentabilité...

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  2. D'un côté, je lis que des gens ont ri, de l'autre que des gens sont sortis. Dans la salle où j'étais, rien de ça, tout le monde est resté et a accueilli la fin dans un silence incroyable, il y a eu comme un blanc dans la salle lors de l'écran noir de la fin.
    Adoré aussi donc ^_^

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  3. Si, si, on peut donner dans la demi-mesure, j'en suis la preuve :) !

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  4. Là où je l'ai vu, quelques personnes sont sorties pendant la première partie (une dizaine) mais, comme le dit Cachou, à la fin, il y a eu un silence impressionnant dans la salle.
    Par contre, je n'ai pas trouvé le film si "effrayant" ou "tétanisant" : la fin est tellement belle, le personnage de Kirsten Dust atteint une sorte d'apaisement communicatif que je n'ai trouvé ça ni triste ni angoissant.

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  5. @Lorkhan : quel gâchis. Moi je crains un départ des affiches pour mercredi donc j'ai préféré aller le voir cette semaine. Conan et Captaine America attendront.

    @Cachou : pendant la première partie il y a eu quelques rires, plutôt dans le genre rire ironique tellement certaines situations étaient surréalistes (je pense notamment aux commentaires acerbes de la mère des deux femmes). Pendant la seconde ça ne riait plus du tout. Il y a eu un grand silence à la fin aussi, les applaudissements sont arrivés en cours de générique, après que les gens se soient remis.

    @Brize : je vais aller ton avis.

    @JFS : Tu as de la chance, moi ça m'a tétanisé. J'imagine que je me retrouve plus dans Claire et toi plus dans Kirsten, dans la façon d'appréhender les choses. J'ai eu l'impression de revenir à la vie en sortant de la salle.

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  6. Salut toi ;) Tu m'as donné envie d'aller le voir !

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  7. Faut que je vois s'il est en VOD

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  8. @Olivier : salut ! tant mieux tant mieux ! tu m'en diras des nouvelles.

    @Gromovar : avec un peu de patience, ça devrait le faire ^^

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  9. Normalement, j'irai le voir cette semaine. J'ai hâte de ressentir tout ce que j'ai lu grâce aux chroniques :)

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  10. @Acro : chouette ! tu me diras ce que tu en as pensé ?

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  11. Je confirme pour la demi-mesure, j'ai pas détesté mais j'ai pas adoré non plus. C'est un beau film mais je crois que je suis un peu passée à côté...
    (par contre ma mère avec qui je l'ai vu était hyper enthousiaste elle)

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  12. Assez d'accord avec toi, y compris sur la longueur un poil excessive.

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  13. Assez d'accord avec cette chronique, j'ai ressenti la même chose à la fin du film. À noter la prestation incroyable de Charlotte Gainsbourg, on vivait la fin du monde avec elle.

    Sinon, la scène du mariage était peut-être un peu trop longue, et on ne voit pas trop ou cela voulait nous ammener.

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  14. @Maëlig, ouais c'est un poil long mais bon c'est un détail.

    @Anonyme : tout à fait, je me suis sentie assez proche d'elle.

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  15. @Vert : damned, mon hypothèse ne marche pas à tous les coups.

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