12 avr. 2012

Forteresse, Georges Panchard [AMHA S4E18]


Dans un futur proche, Adrian Clayborne, chef de la sécurité pour la multinationale Haviland, est chargé de retrouver et récupérer une nouvelle arme, absolue et totalement indétectable, avant que les ennemis du groupe ne mettent la main dessus et ne s'en servent pour en tuer le président.
En 2013, la pénurie d'eau potable commençait à affecter sérieusement une grande partie de l'humanité, et les guerres locales pour le contrôle de stocks se multipliaient à travers le monde. C'est à ce moment que le petit physicien de Coventry avait sorti de son atelier merdique, où il travaillait avec deux techniciens, sa première unité PristinX. L'appareil, dont le volume était inférieur à six mètres cubes, régénérait plus de 40 000 litres d'eau à la minute et s'avérait efficace contre l'immense majorité des agents polluants. Il rendait l'eau de mer limpide comme une eau de source de montage du XIXe siècle, fût-elle pompée dans le plus contaminé des ports marchands. Haviland avait déposé quarante-six brevets durant les trois années nécessaires à sa mise au point.
Le début de ma lecture fût quelque peu laborieux : beaucoup de personnages, beaucoup de concepts, des aller-retours dans le temps, le tout qui se mélange dans ma tête comme une bouillie indigeste dans l'estomac. Rajoutons à cela la mise à l'épreuve de la lecture d'un tel bouquin dans le RER, avec ces gens qui causent (fort de préférence), les annonces vocales, les bruits de porte, les téléphones qui sonnent.


Quelques prises de note plus tard et le casque sur les oreilles, vers la moitié du livre, les pages ont commencé miraculeusement à se tourner plus rapidement.
Le rôle des forteresses était symbolique autant que fonctionnel. Une démonstration de puissance, un message au monde, un défi au soleil. Un peu comme les tours érigées par les grandes familles de Sans Geminiano, des siècles plus tôt.
Au travers de différents personnages points de vue dont les destins semblent bien peu liés au départ, les pièces de ce gigantesque puzzle se mettent lentement en place. Le tableau final ne sera révélé que dans les dernières pages. Et quelle révélation !


L'intrigue ne fait pas tout dans ce roman d'envergure car le background qui tourne autour participe à le rendre puissant : un background complètement désenchanté, cynique et à la politique aux limites de la caricature, avec des moments purement jouissifs comme l'histoire de Winfield et de son pied de nez sous forme d'aphorisme aux États Bibliques Américains , le coup des soldats de plomb dans l'école suédoise, les apôtres obèses dans la dernière cène ...
Un peuple qui a tué Jésus ne peut pas être entièrement mauvais.
Bref, un pur roman à lire, voire à lire deux fois, comme conseillé sur le quatrième de couverture, ce que je ne ferai malheureusement sans doute jamais, faute de temps.


POUR ALLER PLUS LOIN

Publié chez Robert Laffont (Ailleurs et Demain) en 2005.
Couverture par Jackie Paternoster.
384 pages.

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