16 juil. 2012

La Théorie des cordes, José Carlos Somoza [AMHA S4E29]


Elisa Robledo est physicienne et enseigne dans une université madrilène lorsqu'elle lit un article de journal qui la bouleverse. Plus tard, un coup de fil reçu la met dans tous ses états. Les deux sont en lien avec des évènements survenus 10 ans auparavant sur une île de l'Océan Indien où elle jouait avec le feu, travaillait avec d'autres scientifiques sur un projet archisecret impliquant la théorie des cordes et la possibilité de voir le passé.
Chaque fois que nous regardons le ciel nocturne, nous reculons de millions d'années. Nous pouvons voyager dans le temps rien qu'en nous penchant à une fenêtre.
La Théorie des Cordes, malgré son titre qui fait peur à ceux qui n'y comprennent rien à la physique, est un roman très prenant. Il est construit comme un thriller, avec un suspens halletant, corde sur laquelle l'auteur a d'ailleurs un peu trop tendance à tirer avec des avertissements "attention, il va se passer un truc" trop fréquents. Par exemple :
De façon inconsciente, elle supposait que rien de mauvais  ne pouvait lui arriver dans un endroit tel que celui-là.   
Elle se trompait lourdement, et il lui restait à peine plus de six minutes  avant de le constater.
Utilisé avec parcimonie, ce procédé permet de faire monter la tension, mais quand il est utilisé fréquemment, cela a tendance à faire retomber le gâteau. Ou à ce que l'on soit pour finir déçu par ce qui se passe finalement. Rien que pour ces fameuses six minutes, le même procédé va être utilisé plusieurs fois (5 minutes, 12 secondes), tout ça pour arriver à la lecture d'un article de journal qui va bouleverser le personnage. Article dont bien sûr on ne connaitra pas le contenu sur le moment : il faut bien entretenir le suspens.
Elle pensa que la science, la véritable science, celle qui change soudain et pour toujours le cours de l'histoire, consistait à ça : à pleurer en voyant une pomme tomber d'un arbre.
Ou un verre intact sur une table
Mis à part ce défaut mineur, ce livre se lit avec une facilité déconcertante, l'écriture est très fluide et c'est bien écrit/traduit. Les explications plus scientifiques ne sont jamais rébarbatives ni incompréhensibles (ce qui constituait ma crainte principale avant de commencer ma lecture). Le récit est très prenant et tient la route du début à la fin, malgré de nombreux flashback. L'angoisse, voire la terreur, est omniprésente dans ce roman et est très bien rendue.
Certaines peurs sont comme des morts sans profil, des ébauches de morts qui nous dépouillent momentanément de la voix, du regard, des fonctions vitales pendant lesquelles nous ne respirons pas, nous ne pouvons pas penser, notre cœur ne bat pas
La Théorie des cordes traite avec brio du thème du scientifique qui ouvre la boîte de Pandore, qui se laisse emporter par ses découvertes, puis se rend compte tout d'un coup qu'il y a un problème et se retrouve dans l'incapacité de refermer la boîte après y avoir remis le contenu qui s'en était échappé. Un page-turner intelligent à emmener dans son sac de plage.
Nous ne pouvons pas permettre que ...ce qui s'est passé cette nuit soit utilisé par les mauvaises personnes.
- Vous n'êtes pas les bonnes personnes, dit Elisa, d'une voix rauque, soutenant son regard.

INFOS
Publié en 2006.
2007 pour la traduction française chez Actes Sud.
Traduit de l'espagnol par Marianne Millon.
Titre original : Zigzag
601 pages.

AILLEURS

CITRIQ

13 commentaires:

  1. Un bon livre effectivement.

    Pas mal de grosses ficelles quand-même. Les gros panneaux WARNING PERIPETIE m'avaient marqué aussi.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. L'auteur joue un peu trop avec les codes du roman à suspenses, on est bien d'accord.

      Supprimer
  2. L'explication scientifique est un peu foutraque quand même.

    SI ut as aimé Somoza, je te conseille très vivement, Le labyrinthe des idées et Clara et la pénombre.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. L'avantage indéniable de parler de physique dans un bouquin c'est que les 3/4 des gens qui le liront ne tilteront pas. Moi compris dedans.

      Je note tes conseils lecture. Je reviendrai certainement à cet auteur.

      Supprimer
    2. Enfin parler physique, c'est vite dit; l'interprétation littéraire que l'auteur donne de la théorie des cordes a-t-elle été validée ou critiquée par un physicien théoricien ? Car l'auteur n'est pas un spécialiste dans ce domaine.

      Supprimer
    3. Bonne question, merci de l'avoir posée :D

      Supprimer
  3. Je viens de lire un bouquin de lui qui n'a pas été traduit en français : Cartas de un asesino insignificante (Lettres d'un assassin insignifiant). C'est un de ses premiers romans. Je ne suis pas sure d'avoir tout saisi mais c'était pas mal fichu (une traductrice exilée à la campagne pour finir sa traduction reçoit des lettres anonymes d'un homme voulant la tuer). Donc ton avis vient me confirmer que l'auteur est intéressant. Par contre le passage du titre espagnol au titre français est assez rigolo ! :D

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oui c'est vrai, mais bon le fameux Zigzag est expliqué dans le livre, donc après lecture c'est pas si choquant, même si on peut se demander pourquoi ils n'ont pas gardé le même.

      Supprimer
  4. C'est dommage, mon sac de plage est déjà plein ^^

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Tu ne pars pas à la montagne par hasard ?

      Supprimer
    2. Roh joue pas sur les mots :P

      Supprimer
  5. Oh, j'ai encore plus envie maintenant. Il faudra bien que je me lance un de ces jours...

    RépondreSupprimer