28 oct. 2012

Elle qui chevauche les tempêtes, GRR Martin & Lisa Tuttle [AMHA S4E48]


J'ai lu ce livre dans le cadre du défi 13 ans 13 blogs lancé par Gilles Dumay à l'occasion des 13 ans de la collection Lunes d'Encre. Au début, je voulais m'attaquer au livre qui porterait ma couverture préférée. Après moult temps passé à regarder toutes les couvertures des Lunes d'Encre sortis depuis 13 ans, je me suis rendue compte que ça n'allait pas le faire. Impossible de choisir. Je me suis donc posée la question : "quel Lune d'Encre ais-je le plus envie de lire ?" Mon choix s'est arrêté sur Elle qui chevauche les tempêtes co-écrit par deux auteurs que j'adore : GRR Martin et Lisa Tuttle.  Bien m'en a pris comme vous pourrez le lire ci-dessous. De plus, il faut noter que ce livre fait partie des tous premiers titres édité dans la collection Lunes d'encre, en octobre 1999. Si ça, c'est pas un signe ?

Mariss est une "rampante" mais elle rêve de voler, de faire partie des "aériens". Remarquée par un aérien sans progéniture lors de son enfance, elle parvient à réaliser son rêve. Mais l'adversité est bien présente sur ce monde où la tradition prime sur tout le reste : son père adoptif a pour finir un fils né de sa chair qui devient donc l'héritier de ses ailes. L'ironie est d'autant plus grande que le jeune garçon, Coll, n'a absolument aucune envie de devenir aérien.  Lui ce qu'il veut, c'est être barde.
Mariss chevauchait la tempête à trois mètres au-dessus de l'eau, domptant les vents de ses larges ailes en métal tissé. Elle volait, féroce, intrépide, ravie par le péril et le contact des embruns, indifférente au froid. Le ciel était menaçant bleu de cobalt, les vents montaient, et elle avait des ailles ; cela lui suffisait. Si elle mourrait à l'instant, elle mourrait heureuse, en vol.
Le livre est divisé en trois parties, relativement distinctes l'une de l'autre, mais constituant chacune un moment clé de la vie de Mariss et une lutte ardue contre le système en place. Parce que dans Elle qui chevauche les tempêtes, il sera souvent question de l'absurdité d'un mode de fonctionnement statique, basé sur les traditions, qui est incapable de se remettre en question et de s'adapter à la réalité. Ainsi cette obligation de transmettre ses ailes à son enfant, celui-ci dut-il être un piètre aérien. Dans un monde hostile, où la technologie est rare, laisser des ailes précieuses, faites dans un matériau impossible à renouveler, s'abîmer en mer car elles sont confiées à des personnes dont les compétences ne sont pas suffisantes pour en tirer le meilleur parti, est dangereux pour la sauvegarde de l'humanité. Et c'est ce contre quoi se bat Mariss. 
Le plus étrange , dans la mort, c'était sa facilité, sa sérénité, sa beauté.
J'ai vraiment adoré ce bouquin. L'histoire est très prenante, on se laisse complètement emporter par les tempêtes qui régissent cette planète, qu'elles soient naturelles ou humaines. Si je devais faire un résumé en un seul mot je dirais "émotion". C'est vraiment ça qui fonctionne dans ce livre : on se passionne pour le destin de Mariss et des personnages qui gravitent autour d'elle et les pages se tournent toutes seules. 

Le livre n'est pas parfait. On a parfois l'impression que l'intrigue est un peu facile, que Mariss arrive trop facilement à ses fins. Sans doute que cela manque aussi de la cruauté propre à Martin et de l'étrangeté glauque propre à Lisa Tuttle. Mais on ne s'y arrête pas vraiment tellement on est emporté par sa lecture.
Quand Mariss s'éveilla, au bout de plusieurs jours, elle était vieille.
Pour moi Elle qui chevauche les tempêtes constitue un excellent roman de divertissement, avec ce petit plus de la réflexion sur l'injustice et le carcan imposé par les traditions. C'est aussi un bouquin que je mettrais sans hésiter dans les mains de quelqu'un qui n'aime pas spécialement la science-fiction. Déjà le background science-fictif est plus que léger mais je pense que la façon dont est contée l'histoire, les thèmes abordés et les personnages sont propres à plaire aux lecteurs qui sont habituellement plus branchés littérature générale.

Notez que pour les petites bourses, Elle qui chevauche les tempêtes est sorti chez J'ai Lu sous le titre original :  Windhaven.

POUR ALLER PLUS LOIN

Publié sous cette forme en 1981 ; 1975 pour la première parution du premier texte, 1980 pour le deuxième.
Publié en 1999 pour la traduction française chez Denoël Lunes d'Encre.
Traduit de l'anglais (US) par Patrick Marcel
Titre original : Windhaven
Illustration de Alain Brion.
434 pages.

AILLEURS

CITRIQ




14 commentaires:

  1. Ta critique me donne vraiment envie de le lire, merci !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Merci à toi, c'est le genre de commentaire qui fait très plaisir :)

      Supprimer
  2. Ce roman figure sur mes priorités depuis que je m'intéresse de plus près à Martin (au delà du Trône de Fer quoi).
    Tu ne fais qu'attiser mon envie ! ;)

    RépondreSupprimer
  3. Je viens de l'acheter, visiblement à te lire, j'ai bien fait.

    RépondreSupprimer
  4. J'aime beaucoup la couverture, quant à son contenu j'avoue qu'il m'attire beaucoup !

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Je ne prends pas de grand risque en te disant que je suis sûre à 90% que ça te plaira :p

      Supprimer
    2. C'est marrant je n'ai pas eu la sensation que Mariss arrivait tant que ça à ses fins, enfin en quelque sorte si, mais des fois on avait l'impression que c'était gagné et puis non pas tout à fait, ou pas jusqu'au bout.
      Bon sinon tu avais parfaitement raison pour le 90%, tu aurais même pu tenter le 100 %, j'ai adoré, c'est magique, c'est bien écrit, c'est poétique et tu sais quoi ? Cela me donne même envie de le chroniquer :)

      Supprimer
    3. J'attends ta chronique avec impatience :D
      Je ne me souviens plus trop pour Mariss qui arrive ou non à ses fins. En fait ce qu'il me reste de ce livre plusieurs mois plus tard, c'est ce que je mentionne en 1er lieu : les émotions. C'est un livre qui joue beaucoup là-dessus.

      Supprimer
  5. Je me rappelle que la fin m'avait frustré perso. Ceci dit je continue à être sous le charme de la couverture et du titre de cette édition !

    RépondreSupprimer
  6. Tu parles de la fin finale, l'épilogue ? Il m'a beaucoup plu pour ma part.

    RépondreSupprimer
  7. Je le lirais bien un jour futur... Tu donnes envie en tout cas.

    RépondreSupprimer