19 oct. 2014

Ta-Shima, Adriana Lorusso (2007) [AMHA S6E41]



Ta-Shima est une planète hostile sur laquelle des humains survivent en s'étant adapté aux conditions environnementales par la création de deux races complémentaires issues de manipulations génétiques. Ta-Shima fut oubliée du reste de l'humanité disséminée sur un tas de planètes puis redécouverte par la Fédération. Le choc des cultures est pour le moins violent car les deux civilisations sont totalement opposées : société matriarcale à la technologie limitée, ne connaissant ni l'art, ni l'amour face à une société patriarcale technophile, branchée société de consommation et ayant la famille comme structure sociologique forte.

A dire vrai cette confrontation des cultures est le seul intérêt que j'ai trouvé à ce roman de près de 600 pages. Cette opposition est plutôt caricaturale, menant à des situations cocasses de totale incompréhension où chacun est persuadé de détenir la bonne réponse sur ce qu'est la barbarie et la civilisation, sur la place de la femme, sur la place du superflus et de l'essentiel, sur l'honneur, sur la façon d'élever les enfants ou de gérer les relations de couple . Ce n'est pas manichéen : au final, il n'y en a pas un pour rattraper l'autre.
- C'est la testostérone qui rend agressif ; les femmes sont forcément un peu plus rationnelles.

Rasser sursauté en entendant pareille absurdité : il était notoire que les femmes étaient moins rationnelles que les hommes, justement à cause de leurs hormones, tout le monde savait ça. Il regarda Oda pour voir comment il réagissait à ce qui, en plus d'être une idiotie, était manifestement aussi une insulte.
Pour le reste j'avoue être restée sur ma faim, voire parfois m'être ennuyée. Il y a énormément de temps morts où il ne se passe pas grand chose. Les descriptions sont ennuyeuses, j'ai lu plein de pages plus qu'en diagonale. Les personnages ne sont pas attachants du tout, ni dans un sens positif ni dans un sens négatif (de type les personnages qu'on adore détester). Au final j'ai trouvé le background plutôt terne et pas très excitant à découvrir. Ce qui est très dommage pour du planet opera.

Ta-Shima propose des idées intéressantes : manipulations génétiques, choc de culture entre civilisations opposées, société très particulière de Ta-Shima... Mais ces idées se perdent dans une écriture et une narration qui n'ont pas réussi à m'enthousiasmer.


POUR ALLER PLUS LOIN

Ta-Shima fait partie d'une saga comportant trois livres : celui-ci donc, L'exilé de Ta-Shima (tous deux édités chez Bragelonne) et Des nouvelles de Ta-Shima, un recueil de nouvelles édité chez Ad Astra.


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4 commentaires:

  1. Cela donne parfaitement envie... de ne pas le lire.
    "Des nouvelles de Ta-Shima" avait pourtant eu de plutôt bons retours je crois (même si cela ne m'avait déjà pas tenté plus que ça).

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  2. Les retours ne sont pas franchement mauvais pour celui-ci, c'est peut-être juste moi qui n'y ai pas trouvé mon compte. J'ai des nouvelles de Ta-Shima dans la PàL, ce qui a motivé cette lecture-ci en priorité. On verra bien. Peut-être qu'en format court cela passera mieux.

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  3. Ta lecture rejoint la mienne, si ce n'est que j'ai moins retenu l'aspect ennuyeux (pourtant indéniable !) du roman. J'ai beaucoup apprécié le choc des civilisations et l'histoire génétique des populations de Ta-Shima, le principe de pragmatisme poussé à son paroxysme. Finalement, ce qui m'a plu dans ce roman, ce n'est pas l'oeuvre littéraire elle-même, mais les idées qu'elle exploite.

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    1. J'ai exactement le même ressenti, en effet.

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