4 févr. 2015

L'océan au bout du chemin |AMHA S7E3|


Que cette histoire soit vraie ou non pour l'homme qui se la remémore, n'a pas vraiment d'importance. Elle est, comme les mythes, et Neil Gaiman nous la raconte, simplement. Une histoire que je conseille à toute personne qui porte un regard pas forcément agréable sur son enfance, pour comprendre peut-être, qu'elle peut être regardée en face, sans crainte, et parfois même avec un brin de nostalgie.
J'aimais les mythes. Ce n'étaient ni des histoires pour adultes, ni des histoires pour enfants.Elles étaient mieux que ça. Elles étaient, simplement.

Un roman sur l'enfance


L'océan au bout du chemin est un livre étrange, racontant comment un enfant surmontera ses peurs, fera des rencontres étonnantes et grandira finalement, allant jusqu'à oublier l'imaginaire (ou bien est-ce réel ?) qui peupla ses rêves d'enfance. Jusqu'à revenir sur les lieux, faisant ainsi remonter à la surface de la mare aux canards (à moins que ce ne soit un océan ?) des souvenirs terrifiants.
C'est le problème avec les êtres vivants. Ça dure pas très longtemps. Chatons un jour, vieux matous le lendemain. Et après, plus que des souvenirs. Et les souvenirs s'effacent, se mélangent et se brouillent tous ensemble ...
L'océan au bout du chemin est un livre sur l'enfance destiné aux adultes. Aux adultes qui ont oublié à quel point le monde peut sembler décalé pour un enfant de 7 ans : à la fois affrayants et remplis de rencontres fortuites, à la fois plein de mensonges et de découvertes étonnantes.
Quand j'ai été bien plus âgé, il m'a avoué qu'il n'avait jamais aimé le pain brûlé, qu'il ne le mangeait que pour éviter de la gaspiller et , l'espace d'un bref moment, tout mon enfance m'a fait l'effet d'un mensonge : on aurait dit qu'une des colonnes de la foi sur lesquelles était édifiée mon univers avait croulé, changé en sable sec.

Un enfant qui préfère la compagnie des livres


On se glisse dans la peau d'un gamin qui préfère la compagnie des livres à celles de ses congénères, ce qui accentue le décalage que Neil Gaiman décrit avec justesse, quoi que parfois avec des considérations qui me semblent bien élaborées pour un enfant. Cela dit, le fait que l'histoire soit racontée par la version adulte du petit garçon permet d'éviter le manque de réalisme, car il peut tout aussi bien avoir reconstruit ses souvenirs.
Je me suis demandé, comme je me le demandais si souvent à cet âge, qui j'étais et ce qui contemplait précisément le visage dans le miroir. Si ce visage que je regardais n'était pas moi - et je savais qu'il ne l'était pas, puis que je resterais moi-même, quoi qu'il arrive à mon visage - alors qu'est-ce qui était vraiment moi ? Et qu'est-ce qui regardait ?

Un réel talent de conteur


Neil Gaiman a un réel talent de conteur, nous embarquant dans une histoire complètement abracadabrante, aussi facilement qu'il glisse tout un océan dans un seau, impression qu'il m'avait déjà donnée quand il avait brusquement transformé un fauteuil en fauteuil-garou aux Utopiales en 2012. 
Il y avait plus de sécurité dans les livres qu'avec les gens, de toute façon.

18 commentaires:

  1. Misère, mais il me le faut alors, d'après ton dernier paragraphe. XD

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    1. Et je serais ravie de savoir ce que tu en as pensé.

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    2. Hey,
      Bon bein je l'ai lu et j'ai pas tout compris. J'ai vraiment du mal avec Gaiman. Mais j'ai failli pleurer pas mal de fois alors ça a dû me parler tout de même. ^^

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    3. Quel retour étrange XD Tu comptes le chroniquer ?

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  2. Encore jamais lu de Gaiman... mais je n'en lis que du bien, il serait peut être temps que je m'y mette !

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    1. Je n'en ai lu que trois mais les trois ont été des lectures très plaisantes.

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  3. Oui il est chouette ce roman <3

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  4. Un coup de coeur pour ma part, Gaiman sait parfaitement et avec talent mêler le poétique avec l'horreur, en plus un roman sur l'enfance je ne pouvais qu'apprécier.
    Je me suis posée la question, en rédigeant mon billet, si c'était ce roman là qu'il avait lu aux Utos ?

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    1. Oui c'est celui-là même ^^ Je n'ai pas encore lu ta chronique puisque j'étais en train de rédiger la mienne mais je passerai la lire.

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  5. J'ai beaucoup aimé aussi, c'est un bon roman fantastique empreint de nostalgie.

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  6. Il se renouvelle pas énormément dans ses thématiques mais ses recettes fonctionnent toujours ^^

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  7. Misère... je fais partie des rares qui n'ont pas spécialement accroché :/ (cela peut arriver, je sais). Enfin j'ai accroché, mais j'ai décroché de trop nombreuses fois pour me sentir "dans" l'histoire.

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  8. Bon, je pense le lire un jour ou l'autre cette année (comme ça je ne me mets pas trop la pression), les avis me tentent quand même pas mal.

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  9. Belle analyse de ta lecture.
    J'étais tentée par ce bouquin au vu du quatrième de couv', par contre, j'ai toujours "un peu" de mal avec Neil Gaiman.
    Je trouve ces histoires super, mais au niveau du récit, ça coince.
    J'ai lu Stardust et The graveyard book... j'ai bien aimé, mais j'ai pas bondi pendant ma lecture.
    Au tout début, j'étais très attirée par American Gods. J'avoue qu'avec ces deux expériences, j'ai un peu plus peur de me lancer dans un livre trop épais avec lui... C'est dommage.

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