7 oct. 2015

Des nouvelles de Ta-Shima, Adriana Lorusso |AMHA S7E20|


J'ai lu Ta-Shima, premier roman dans l'univers du même nom et si les thématiques abordées étaient intéressantes, j'ai eu de longues phases d'ennui lors de ma lecture. Bis repetita avec Les exilés de Ta-Shima, mais décuplé car je connaissais déjà l'univers. Et voilà que je remets encore le couvert avec Des nouvelles de Ta-Shima qui se trouvent dans ma Pile à Lire depuis plusieurs années. Suis-je un peu masochiste ?

Je trouve que le recueil a tendance, tout comme les romans à prendre un peu trop le lecteur par la main, à tout lui expliquer. Après 1000 pages dans l'univers, je commence à avoir compris, merci, comment il fonctionne.

Mais, si les deux romans se complaisaient dans d'inutiles longueurs, le format court évite par définition cet écueil. Ce qui rend la lecture diablement plus agréable.


L'univers de Ta-Shima


Rappelons que Ta-Shima est un monde considéré comme peu civilisé par le consortium interplanétaire qui régit les rapports entre les différentes planètes. La planète est habitée par deux sortent d'êtres humains : les Shiros qui font de l'honneur le centre de leur existence, ils se battent souvent en duel et ne tolère aucune forme d'altruisme à leur égard et les Asix, êtres doux de nature mais cependant très forts. Chaque race est interdépendante de l'autre : les Shiros protègent les Asix et leur donne les ordres ; les Asix vouent une admiration sans borne aux Shiros.

Détail des nouvelles


La première nouvelle, L'homme qui venait d'au-delà du soleil, est d'une banalité à toute épreuve dans le contexte de l'univers de Ta-Shima : une histoire de spatiaux méchants et imbus d'eux-même; sauf un qui finit par aller vivre avec les Tashimodas. Evidemment, en commençant ma lecture, j'ai eu très peur. J'ai soupiré. Puis j'ai commencé la deuxième nouvelle, Mutation spontanée, qui explore avec une certaine cruauté le rapport des Shiros avec la génétique. Probablement la meilleure nouvelle du recueil. Miséricorde et pénitence est également intéressante : on y parle d'imposer sa religion à d'autres en utilisant qui plus est des moyens bien peu orthodoxe pour y parvenir et ce qui est amusant c'est le total de manque d'intérêt du peuple de Ta-Shima pour la question. Les Asix font du tourisme traite de la fascination des Asix pour les Shiros et comment cette fascination va les pousser à sortir - momentanément- du rang. La fin est cruelle après une histoire plutôt joyeuse (presque tout est léger et joyeux pour les Asix), ce qui est très bien, même si on sent un peu venir le truc. Par contre, j'ai trouvé L'animal de compagnie naïve et manquant de profondeur alors que le thème est en soi passionnant : le fait d'être en décalage avec son groupe, de ne pas arriver pas à trouver sa place.  La fin du monde, la dernière nouvelle, met en avant l'honneur des Shiros qui en aucun cas, même d'infériorité numérique et matérielle, ne cèdent, jusqu'à y laisser leur vie. Mais ils ne sont pas stupides pour autant et surtout ils ils accordent plus d'importance à la pérennité de l'espèce qu'à la survie des individus ...

Des nouvelles de Ta-Shima est dans l'ensemble un recueil sympathique. A dire vrai, si vous souhaitez découvrir l'univers de Ta-Shima, je vous invite à faire l'impasse sur les romans pour vous tourner vers le format court. On évite les bavardages et les nouvelles sont suffisamment variées pour donner un aperçu du fonctionnement de ce monde.

Informations éditoriales

Publié en 2012 aux Editions Ad Astra. Illustration de couverture par Laurent Guillet. 224 pages, soit 1.8cm.

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A titre posthume


4 commentaires:

  1. Mmh, je note que si je veux tester, en recueil donc. Les thèmes des nouvelles ont l'air intéressant !

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  2. "Suis-je un peu masochiste ?"
    Non pas du tout :D

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