28 janv. 2016

Child of light, Patrick Plourde (Ubisoft) |AMHA S8E1|


En une quinzaine d'heures de jeu, Child of Light propose un voyage initiatique sous le format d'un conte littéraire et onirique autant que vidéoludique. Les graphismes aquarellés, la 2D, la musique et les dialogues en rimes participent à l'immersion dans l'univers. Les combats au tour par tour demandent stratégie et adaptation ; ils peuvent malheureusement s'avérer répétitifs, à cause d'un bestiaire trop peu fourni. Malgré quelques défauts mineurs, Child of Light est un jeu que j'ai pris beaucoup de plaisir à découvrir.


un RPG en 2D d'Ubisoft


Child of Light est un RPG en 2D avec des combats au tour par tour. J'y ai joué sur PC.

Ce jeu est une respiration dans la production de son éditeur et développeur, Ubisoft, plus connu pour ses grosses licences AAA. Un exemple pris pas du tout au hasard : Far Cry, dont l'équipe du troisième opus a travaillé sur Child of Light.

Aurora, juste avant de s'éveiller en Lémuria

Un conte onirique


Je craquais complètement sur la direction artistique de Child of Light à sa sortie en 2014. J'ai donc fini par me le procurer. Une fois n'est pas coutume, le jeu n'aura pas traîné pendant des lustres avant d'être installé sur ma machine.

On incarne Aurora, jeune noble autrichienne de la fin du 19ème siècle. Très malade, elle meurt mais se réveille dans le monde de Lémuria, un monde plein de magie et de beauté mais inquiétant aussi. En effet, le royaume de Lémuria est en grande peine : la Reine de la Nuit a volé le soleil, la lune et les étoiles. Aurora commence alors une longue quête pour sauver Lémuria et pour rentrer chez elle. Sur le chemin, elle rencontrera des ennemis puissants mais aussi des amis fidèles ; elle voyagera dans des contrées fantastiques et traversera des lieux étonnants.

Cet univers est indissociable de sa direction artistique. Je vous le disais, c'est ce qui m'a fait craquer pour le titre. Tout en aquarelles colorées, les graphismes nous plonge littéralement dans ce conte onirique. C'est tellement beau que je pourrais accrocher les illustrations aux murs dans mon appartement. Les images sont agrémentées d'une musique agréable, aérienne qui sert bien le propos.

Sur un air de flûte ... Lors d'une cinématique à tomber à la renverse.

Des personnages attachants


En cours de route, Aurora va rencontrer des personnages alliés, qui l'aideront dans sa quête. Il y a bien sûr Igniculus, la luciole qui joue un rôle essentiel pour éclairer le chemin d'Aurora et lors des combats, sur lesquels je reviendrai. Il y a aussi Rubella, saltimbanque en quête de son frère, Finn des "Capilli", le mage barbu manquant de confiance en lui, Norah, la demi-sœur d'Aurora, Robert, l'archer souris, Tristis, Oengus, Gen et Gollem (que l'on peut récupérer par un DLC, qu'il vaut mieux se procurer en début de partie). Chaque personnage a son histoire et propose au joueur une quête annexe. Chacun possède aussi ses propres caractéristiques en combat et un arbre de compétences à développer avec l'expérience.

Tous ces personnages sont attachants, le seul reproche que je ferais est qu'ils sont trop nombreux. On jouera forcément davantage avec certains, pour laisser les autres dans l'inaction. Je suppose que leur nombre donne un peu de re-jouabilité à une histoire linéaire, puisqu'on pourra toujours recommencer une partie pour jouer avec d'autres personnages. Enfin quand je dis jouer, il s'agit principalement des combats. Les dialogues entre les personnages se produisent de toute façon, que l'on combatte en leur compagnie ou non.

Détail d'un vitrail. Les compagnons d'Aurora.

Un gameplay empruntant à différents types de jeux vidéos


Les déplacements dans l'environnement plein de couleurs de Lémuria se fait latéralement et verticalement (oui : Aurora acquiert assez rapidement la faculté de voler). Child of Light est donc totalement en 2D ! On a une impression de livre illustré, de conte raconté le soir avant d'aller dormir. De plus, les personnages parlent en rimes. Voilà qui achève de nous plonger dans un univers littéraire autant que vidéo-ludique.

Un particularité de Child of Light est d'emprunter des éléments  de gameplay à différents types de jeux vidéo. Le RPG pour l'histoire, l'univers et la caractérisation des personnages. Les plateformes pour la 2D. Le puzzle game pour les quelques énigmes dont sont parées certaines séquences. La stratégie au tour par tour pour les combats (à la sauce RPG japonais).

Dialogue rimé

Des combats au tour par tour


Venons-en aux combats justement. J'aime beaucoup le tour par tour car cela donne le temps de réfléchir. On joue stratégie, donc on ne joue pas action/réaction, adresse et vitesse, mais bien planification. La jauge d'action nous dit à quel moment chaque combattant attaquera. Il est possible de moduler cette jauge : on peut ralentir les adversaires, accélérer ses propres personnages et certaines créatures pourront faire de même. Il faudra cependant toujours juger de l'utilité d'une telle action. On peut penser que ralentir un adversaire est toujours utile, sauf qu'il est possible de faire jouer un paramètre de recul qui fera passer son tour à une cible lorsqu'on l'attaque pendant un laps de temps déterminé. Stratégie donc.

Système de combat


Stratégie toujours dans le choix des personnages qui combattront. Ils sont deux en lice, contre trois ennemis en général. Les ennemis ont des points faibles et des coups spéciaux qu'il conviendra de connaître (en fouillant sur Internet, on trouve ce qu'on veut) afin de choisir au mieux comment les contrer. Il est également possible de changer de personnage en plein combat, sans malus particulier. J'ai assez peu utilisé cette option car je trouvais que ça cassait le rythme. J'avoue que j'aurais préféré qu'on puisse avoir trois personnages en combat, plutôt que deux.

Boss. Ça va saigner.
Stratégie encore dans le choix des compétences à développer quand le personnage monte en niveaux, car il sera difficile d'aller au bout sur une partie, à moins de manger du combat toutes les 2 minutes (les créatures repoppent quand on revient dans un endroit déjà exploré). Et stratégie encore avec "oculi", pierres précieuses à crafter pour améliorer les compétences des personnages. Le système est très sympa mais je l'ai trouvé un peu compliqué à gérer. Peut-être qu'il y avait trop de niveaux, d'options de compétences pour le nombre d'heures de jeu.

On pourra aussi regretter un bestiaire un peu répétitif à la longue. Sans ça, j'aurais peut être tenté le niveau maximum. Par contre, les boss sont d'une classe absolue, avec une animation pré-combat toujours très impressionnante.





Informations éditoriales

Développé et édité par Ubisoft (Montréal pour le développement). Sorti en 2014. Existe sur PC, PS4, PS3, Xbox One, Xbox 360, WiiU, PS Vita. Entre 15 et 20 heures de jeu, en faisant les quêtes annexes. Classé 12+
A savoir avant d'acheter : il faut un compte Uplay pour pouvoir installer le jeu (Et peut-être pour jouer? Je ne sais pas s'il est possible de jouer hors connexion), même si vous l'avez acheté sur une autre plateforme.
Captures d'écran prises par moi-même pendant le jeu. Toutes les voir sur Pinterest (à ne pas faire si vous souhaiter éviter les spoilers).

Pour aller plus loin

Une histoire graphique dans le monde de Lémuria (en pdf) : Reginald le Grand, avec en prime une interview (en anglais) du concepteur-illustrateur et du créateur du jeu.

7 commentaires:

  1. Ca a l'air fort joli en effet ^^

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    1. C'est absolument magnifique oui. Je recommande vivement aussi.

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  2. Il est superbe en tout cas, ça fait très envie !

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  3. Je l'ai pris à l'occasion d'une promo, il me tente carrément, il faudrait que je prenne le temps d'y jouer :)

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